Trop perdue pour rester ici.
Je ne savais pas que la vie pouvait n'avoir aucun sens.Vexée ? Hof... on peut rire de tout mais pas avec tout le monde, alors non.
Peur ? Peur de mal faire, oui certainement. Manque de temps pour poser les choses, mais c'est ça qui est bon, le manque de temps, non ?
Envie ? Peut-être.
Besoin ? Assurément.
Comment exprimer ce que la nuit m'inspire ? Beaucoup d'appréhension. La nuit ne passe pas assez vite et la journée passe trop vite. Ce moment qui d'ordinaire m'était agréable ne l'est plus. C'est le seul moment de la journée ou tu te retrouves face à toi-même, et uniquement face à toi-même, pas à l'illusion d'un miroir ou l'image faussée d'une flaque d'eau. Prends pas de grande décision la nuit, tu ne sais jamais ce que ça vaut. Il est vrai que chaque révolution naît dans un méandre de notre esprit au détour de quelque réflexion ou quelqu'apréhension et se nourrit des moments de solitudes la nuit.
Ok, mais d'où vient tout ça ? D'où vient toute cette énergie ? J'ai peur de le savoir... Peur oui, car cette source est si éphémère, si volatil, si stupide qu'elle en devient terrifiante et incertaine.
Je ne sais pas s'il fait bon vivre à notre époque, en tout cas je ne changerais rien si j'en avais le pouvoir, ou peut-être que si, j'ajouterais un peu plus de piment, un peu moins de mélancolie et de tristesse, ainsi qu'un peu plus de solidarité, d'amour, d'amitié et d'attention. Les gens ne font pas assez attention à eux et aux autres. Les regrets sont omniprésents ici, cela en devient maladif non ?
Je ne crois pas avoir la recette du bien-être, de l'enchantement, de la satisfaction. Mais j'ai trouvé la recette du bonheur aveugle et égoïste, celui avec lequel tu ne dois pas ouvrir les yeux car si tu les ouvres, le bonheur a disparu. Être aveugle n'est-ce pas une forme de bonheur ? On fait disparaître les mauvais détails de notre esprit de ne garde que les meilleurs. Cependant, ces mauvais détails qui s'enracinent dans nos pieds restent toujours là, à guetter le moment propice pour nous sauter au visage...
Faites ce que je dis mais pas ce que je fais ? La phrase est bien trop récurrente, alors cette fois faites ce que je dis : profitez de cette vie si sombre, si injuste et si triste car de toute façon, vous n'en avez qu'une.